L’intention avant la performance
Une activité artistique devient artopraxique lorsqu’elle répond à une intention
Dessiner, peindre, jouer du piano ou réaliser un objet créatif ne constitue pas
automatiquement une pratique artopraxique. L’artopraxie se
caractérise par une intention : utiliser volontairement une activité artistique,
créative ou manuelle pour interrompre une sollicitation, quitter momentanément
un environnement numérique, changer de rythme ou introduire un temps de recul.
En artopraxie, il n’est pas nécessaire de faire beau, de faire compliqué
ou de faire longtemps. Il faut d’abord faire.
Cette approche permet d’utiliser aussi bien des pratiques très simples que des
disciplines plus élaborées. Quelques traits sur une feuille, un griffonnage,
quelques accords sur un instrument, un petit modelage ou un assemblage de
matériaux peuvent suffire. La valeur de la séquence ne dépend pas de la qualité
artistique du résultat, mais du changement volontaire d’activité
qu’elle provoque. L’art devient alors moins un objectif de performance qu’un
moyen de retrouver le geste, la matière, l’attention et une activité concrète
en dehors du flux numérique.