Artopraxia — L'art comme pratique • Déconnexion active • Attention • Autonomie numérique
Artopraxia — L’art comme pratique

L’artopraxie : pratiquer l’art pour agir, se déconnecter et prendre du recul

L’artopraxie est une approche développée dans le cadre d’Artopraxia qui place la pratique artistique et créative au cœur de l’action. Dessiner, peindre, modeler, jouer d’un instrument, construire ou simplement griffonner deviennent des moyens concrets de quitter momentanément les sollicitations numériques, de mobiliser son attention autrement et d’introduire un temps de recul dans son quotidien. Accessible sans recherche de performance ni exigence de talent artistique, l’artopraxie privilégie le geste, l’expérience et la pratique.

Comprendre l’artopraxie Découvrir comment la pratiquer

Alain Stevens — Artopraxie

Définition de l’artopraxie

Qu’est-ce que l’artopraxie ?

L’artopraxie désigne une approche fondée sur la pratique volontaire d’activités artistiques, créatives ou manuelles pour introduire dans le quotidien des moments d’action concrète, de déconnexion numérique et de prise de recul. Développée dans le cadre d’Artopraxia, elle privilégie la pratique elle-même plutôt que la recherche de performance, de maîtrise technique ou de résultat esthétique.

Dessiner, griffonner, peindre, modeler, sculpter, jouer quelques notes de musique, assembler des matériaux ou réaliser une création simple peuvent ainsi devenir des pratiques artopraxiques. L’objectif n’est pas nécessairement de produire une œuvre aboutie, mais de passer momentanément de l’écran au geste, de la sollicitation numérique à l’action et de la consommation de contenus à la création. L’artopraxie peut prendre la forme d’une activité régulière, d’une courte pause créative ou d’un temps volontairement intercalé entre une sollicitation numérique et une décision.

Les principes de l’artopraxie

Une pratique fondée sur l’action, la déconnexion et la prise de recul

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Passer à l’action

L’artopraxie privilégie le faire. Dessiner, peindre, modeler, jouer d’un instrument, découper, assembler, écrire ou fabriquer permet de quitter une position de simple spectateur pour redevenir acteur. Le geste compte davantage que le résultat : quelques minutes de pratique peuvent suffire pour créer une véritable rupture avec l’activité précédente.

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Créer une rupture numérique

La pratique artistique devient un moyen concret de quitter volontairement les écrans et les sollicitations numériques. L’artopraxie ne consiste pas seulement à décider de moins utiliser son smartphone, les réseaux sociaux ou les services numériques : elle propose de remplacer temporairement cette activité par une action réelle, créative et volontaire.

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Introduire un temps de recul

Une courte pratique créative peut également servir de pause entre une sollicitation et une réaction. Avant de répondre à un message, de cliquer sur un lien, d’effectuer un achat ou de prendre une décision, l’artopraxie propose d’introduire volontairement un temps intermédiaire. Ce principe de temporisation trouve notamment sa place dans une réflexion plus large sur l’attention et le facteur humain.

Ces trois principes sont complémentaires : agir plutôt que seulement consommer, se déconnecter plutôt que subir continuellement les sollicitations, et prendre du recul plutôt que réagir immédiatement. L’artopraxie n’impose ni discipline artistique particulière, ni niveau technique, ni durée standard. Elle peut s’intégrer au quotidien sous la forme de quelques minutes de dessin, de musique ou de création manuelle comme prendre la forme d’une activité artistique plus longue. L’essentiel réside dans le passage volontaire de la sollicitation à la pratique.

L’intention avant la performance

Une activité artistique devient artopraxique lorsqu’elle répond à une intention

Dessiner, peindre, jouer du piano ou réaliser un objet créatif ne constitue pas automatiquement une pratique artopraxique. L’artopraxie se caractérise par une intention : utiliser volontairement une activité artistique, créative ou manuelle pour interrompre une sollicitation, quitter momentanément un environnement numérique, changer de rythme ou introduire un temps de recul.

En artopraxie, il n’est pas nécessaire de faire beau, de faire compliqué ou de faire longtemps. Il faut d’abord faire.

Cette approche permet d’utiliser aussi bien des pratiques très simples que des disciplines plus élaborées. Quelques traits sur une feuille, un griffonnage, quelques accords sur un instrument, un petit modelage ou un assemblage de matériaux peuvent suffire. La valeur de la séquence ne dépend pas de la qualité artistique du résultat, mais du changement volontaire d’activité qu’elle provoque. L’art devient alors moins un objectif de performance qu’un moyen de retrouver le geste, la matière, l’attention et une activité concrète en dehors du flux numérique.

Pratiquer l’artopraxie

Des pratiques simples pour intégrer l’artopraxie au quotidien

La pause artopraxique

La pause artopraxique consiste à interrompre volontairement une activité numérique pendant quelques minutes pour réaliser une action créative simple. Griffonner sur une feuille, dessiner des formes, manipuler de l’argile, jouer quelques notes de musique ou assembler des matériaux permet de passer immédiatement de l’écran à une activité concrète. Il n’est pas nécessaire de terminer une œuvre : c’est la pratique et la rupture avec l’activité précédente qui sont recherchées.

La pratique régulière

L’artopraxie peut également trouver sa place dans une routine quotidienne ou hebdomadaire. Réserver un moment au dessin, à la peinture, à la musique, au modelage, à l’écriture créative ou à une activité manuelle permet d’installer des périodes choisies sans écran. La régularité compte davantage que la durée ou le niveau artistique : une pratique courte et accessible est souvent plus facile à maintenir qu’un objectif ambitieux.

La pause avant une action numérique

Une séquence artopraxique peut être volontairement placée avant une action qui mérite réflexion. Répondre sous le coup de l’émotion, effectuer un achat inhabituel, transmettre une information, suivre un lien inattendu ou prendre une décision importante sont autant de situations dans lesquelles quelques minutes de rupture peuvent introduire une temporisation. L’artopraxie ne garantit pas une meilleure décision : elle crée simplement un espace entre la sollicitation et l’action.

La découverte de nouvelles pratiques

Pratiquer l’artopraxie peut enfin être l’occasion de retrouver ou découvrir des activités éloignées des écrans. Dessin, aquarelle, encre, sculpture, collage, papier, musique, bricolage créatif ou récupération de matériaux offrent de nombreuses possibilités. L’objectif n’est pas de devenir spécialiste de chacune d’elles, mais d’expérimenter, de manipuler, d’apprendre et d’identifier les pratiques que l’on aura envie de retrouver régulièrement.

Une pratique accessible à tous

Pas besoin d’être artiste pour pratiquer l’artopraxie

L’artopraxie ne demande ni talent particulier, ni formation artistique, ni maîtrise technique préalable. Elle s’adresse aussi bien à une personne qui n’a jamais dessiné qu’à un musicien, un peintre ou un amateur d’activités manuelles. Un simple crayon et une feuille peuvent suffire. L’objectif n’est pas de juger la qualité d’une création, mais de retrouver le plaisir et l’intérêt du geste, de l’expérimentation et de l’action concrète. Chacun peut choisir une pratique adaptée à ses envies, à ses capacités et au temps dont il dispose, sans comparaison avec les autres et sans obligation de montrer ou de conserver ce qu’il produit.

Artopraxia : l'art comme pratique.

Les limites de l’artopraxie

Une pratique artistique et préventive, pas une thérapie

L’artopraxie n’est pas une pratique médicale

L’artopraxie ne constitue ni une thérapie, ni une psychothérapie, ni une forme d’art-thérapie. Elle n’a pas vocation à diagnostiquer, prévenir ou traiter une maladie ou un trouble psychologique. Elle propose des pratiques artistiques et créatives dans une démarche de déconnexion, d’action concrète et de prise de recul. Lorsqu’une situation concerne la santé physique ou mentale, l’accompagnement d’un professionnel de santé qualifié reste nécessaire.

L’artopraxie ne garantit pas une meilleure décision

Introduire une pause créative avant de répondre à un message, de cliquer sur un lien ou de prendre une décision permet avant tout de rompre avec l’immédiateté. L’artopraxie ne garantit cependant ni l’absence d’erreur, ni la détection d’une fraude, ni une décision plus pertinente. Dans le domaine numérique, elle peut s’intégrer à une démarche de sensibilisation au facteur humain, mais ne remplace pas les règles de cybersécurité, les vérifications nécessaires ou l’intervention de professionnels compétents.

La démarche repose volontairement sur un principe simple : introduire une activité choisie entre certaines sollicitations et nos réactions. Le dessin, la musique, le modelage, l’écriture ou toute autre activité créative deviennent alors des moyens de changer momentanément de rythme et de contexte. Les effets ressentis peuvent varier selon les personnes, les pratiques choisies et les situations.

Artopraxia présente ainsi l’artopraxie comme une méthode de pratique, de déconnexion active et de sensibilisation, et non comme une promesse de soin ou de résultat. Cette distinction permet de conserver ce qui constitue le fondement du concept : rendre la pratique artistique accessible, l’intégrer simplement au quotidien et l’utiliser comme une occasion volontaire de quitter l’écran, d’agir et de prendre du recul.

À l’origine du concept

L’artopraxie, une approche développée par Alain Stevens

Le concept d’artopraxie est développé par Alain Stevens dans le cadre du projet Artopraxia, à la rencontre de deux univers qu’il pratique depuis de nombreuses années : l’étude des risques et des usages numériques, d’une part, et les activités artistiques et créatives, d’autre part. Consultant spécialisé dans les risques numériques et le facteur humain, il s’intéresse notamment aux mécanismes qui favorisent l’immédiateté, les réactions impulsives et la dépendance croissante aux écrans. Parallèlement, sa pratique de la musique, notamment du piano, mais aussi de la peinture, de la sculpture et de différentes activités manuelles l’a conduit à développer une approche simple : ne pas seulement chercher à réduire le temps numérique, mais remplacer volontairement certains moments d’écran par des moments de pratique et de création. L’artopraxie formalise cette démarche autour de l’action, de la déconnexion active et de la prise de recul.

Alain Stevens

Consultant en risques numériques et usages du numérique • Fondateur d'Artopraxia

Commencer simplement

Quelques minutes suffisent pour entrer dans la pratique

Poser l’écran. Prendre un crayon, un pinceau, un instrument ou un matériau. Faire quelque chose de ses mains. Puis seulement revenir au numérique.

L’artopraxie peut commencer par un geste très simple. Il n’est pas nécessaire d’attendre d’avoir du temps, du matériel particulier ou une idée de création. Une feuille et un crayon peuvent suffire pour introduire une première pause artopraxique. L’essentiel est de transformer volontairement quelques minutes de consommation numérique en un moment d’action, d’expérimentation ou de création.

Moins de sollicitations. Plus de pratique. L’art comme action.