Artopraxia — L'art comme pratique • Déconnexion active • Attention • Autonomie numérique
Passer de l'écran à la pratique

Pratiquer Artopraxia : créer, jouer, fabriquer et contempler

Pratiquer Artopraxia, c'est choisir une activité capable de mobiliser autrement son attention et de créer un véritable moment de déconnexion. Jouer d'un instrument, dessiner, peindre, sculpter, modeler, bricoler, travailler une matière ou prendre le temps de contempler une œuvre : chacun peut construire sa propre pratique, selon ses envies, ses capacités et le temps dont il dispose. Aucun niveau artistique n'est nécessaire. L'essentiel est de commencer, de faire et de retrouver le plaisir d'une activité vécue loin des sollicitations numériques.

Trouver une pratique Pourquoi se déconnecter ?

Une approche proposée par Alain Stevens — consultant en risques numériques, musicien et praticien des arts plastiques

Commencer simplement

Pratiquer pour le plaisir de faire, sans rechercher la performance

Il n'est pas nécessaire de savoir dessiner, de maîtriser un instrument ou de posséder une technique artistique pour commencer. Dans Artopraxia, la pratique n'est pas évaluée par la qualité du résultat : elle prend son sens dans le temps que l'on choisit de consacrer à une activité, dans l'attention qu'on lui porte et dans le plaisir de faire quelque chose par soi-même.

Quelques notes jouées au piano, un croquis réalisé avec un simple crayon, un collage, un morceau d'argile modelé à la main, un objet fabriqué avec des matériaux de récupération ou vingt minutes consacrées à observer une sculpture peuvent constituer une séance Artopraxia. Certaines pratiques demandent de créer ou de manipuler ; d'autres invitent davantage à écouter, regarder et contempler. Il n'existe donc pas de pratique idéale : l'important est de trouver celle qui donne naturellement envie de poser son téléphone, de quitter momentanément les sollicitations numériques et de consacrer pleinement son attention à une expérience réelle.

Choisir sa manière de pratiquer

Trois façons de faire entrer l'art dans ses moments de déconnexion

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Créer avec ses mains

Dessiner, peindre, modeler, sculpter, découper, coller, assembler, travailler le papier, le carton, le bois, le textile ou des matériaux de récupération : les possibilités sont nombreuses. Ces activités mobilisent à la fois le geste, l'observation et l'imagination. Elles permettent surtout de quitter la position de spectateur pour redevenir acteur : pendant un moment, on ne fait plus défiler le travail des autres sur un écran, on expérimente et on crée soi-même.

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Jouer, interpréter et expérimenter

Jouer d'un instrument, chanter, improviser, écrire, photographier ou explorer une autre forme d'expression permet de mobiliser activement son attention. Il n'est pas nécessaire de rechercher la virtuosité : quelques accords au piano, une mélodie reprise lentement ou une improvisation personnelle peuvent suffire. L'objectif est d'entrer dans l'activité et d'accepter de consacrer un moment au geste, à l'écoute, à l'apprentissage et à l'expérimentation.

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Regarder, écouter et contempler

Pratiquer Artopraxia ne signifie pas nécessairement produire quelque chose. Écouter attentivement une œuvre musicale, observer une peinture, faire le tour d'une sculpture, regarder une architecture, feuilleter un livre d'art ou visiter une exposition sont aussi des pratiques de l'attention. La différence tient à la manière de les vivre : ralentir, ne pas multiplier les sollicitations et consacrer réellement quelques minutes à ce que l'on regarde ou à ce que l'on écoute.

Le choix de la pratique est essentiel. Il ne s'agit pas de remplacer une contrainte numérique par une nouvelle obligation, mais de trouver une activité vers laquelle on aura naturellement envie de revenir. Certains préféreront le contact avec la matière et le plaisir de fabriquer ; d'autres retrouveront un instrument de musique abandonné depuis plusieurs années, commenceront à dessiner ou découvriront simplement le plaisir de regarder une œuvre sans se presser. Une pratique peut évoluer avec le temps, changer selon les jours ou se combiner avec d'autres. Artopraxia encourage cette liberté : commencer modestement, expérimenter plusieurs activités et conserver celles qui donnent réellement envie de poser l'écran pour consacrer son attention à autre chose.

Installer un moment Artopraxia

Quelques minutes peuvent suffire pour commencer à pratiquer

Il n'est pas nécessaire de disposer d'un atelier, de plusieurs heures libres ou d'un matériel important. Une pratique Artopraxia peut commencer par dix ou vingt minutes volontairement réservées à une activité artistique, manuelle ou contemplative. L'essentiel est de créer les conditions permettant d'être réellement présent à ce que l'on fait.

Poser le téléphone.
Choisir une activité.
Prendre le temps.
Faire sans chercher à publier.

Préparez simplement ce dont vous avez besoin avant de commencer : un instrument, quelques feuilles et des crayons, de la peinture, de l'argile, du papier, un livre d'art ou une œuvre musicale choisie à l'avance. Éloignez si possible le téléphone, désactivez les notifications et accordez-vous une durée réaliste pendant laquelle vous n'avez rien d'autre à accomplir. Ne cherchez pas nécessairement à terminer une œuvre ou à obtenir un résultat. Lorsque le temps prévu est écoulé, vous pouvez vous arrêter ou continuer si vous en avez envie. Répétée régulièrement, cette parenthèse peut devenir un rendez-vous attendu plutôt qu'un effort de déconnexion.

Quelle pratique artistique avec Artopraxia ?

Créer les bonnes conditions

Faire de la pratique artistique un véritable temps de déconnexion

Éloigner les sollicitations numériques

Une activité artistique perd une partie de son intérêt comme moment de déconnexion si elle est constamment interrompue par des messages ou des notifications. Lorsque cela est possible, laissez le téléphone dans une autre pièce, activez un mode silencieux ou déconnectez-vous temporairement des applications qui sollicitent votre attention. L'objectif n'est pas de rendre le numérique inaccessible, mais de créer un espace dans lequel il cesse momentanément d'être prioritaire.

Garder le matériel facilement accessible

Plus une activité demande de préparation, plus il est facile de la remettre à plus tard et de reprendre son téléphone à la place. Un carnet et quelques crayons posés sur une table, un instrument prêt à être joué, un petit espace consacré à la peinture ou une boîte contenant du matériel de modelage facilitent le passage à l'action. La pratique doit pouvoir commencer rapidement, même lorsque l'on ne dispose que de quelques minutes.

Accepter de ne pas être performant

Il est possible de jouer faux, de rater un dessin, de recommencer une sculpture ou de fabriquer quelque chose qui ne sera jamais exposé. Dans Artopraxia, le résultat n'est pas le seul critère de réussite. Le temps consacré à chercher, apprendre, expérimenter et manipuler fait partie de la pratique. Se libérer progressivement de l'obligation de réussir permet aussi de retrouver une relation plus personnelle et plus détendue à la création.

Ne pas transformer chaque création en contenu

Photographier une réalisation, la publier et la partager peut être agréable, mais cela ne doit pas devenir la finalité de chaque pratique. Certaines créations peuvent rester privées, inachevées ou même disparaître après avoir été réalisées. Artopraxia encourage à préserver des moments qui n'ont besoin ni de publication, ni de commentaires, ni de statistiques pour avoir de la valeur. Créer quelque chose uniquement pour soi peut aussi être une forme de déconnexion.

Faire de la pratique une habitude

Pratiquer un peu, mais revenir régulièrement

Artopraxia n'impose ni durée minimale ni programme rigide. Une pratique de quinze minutes que l'on retrouve plusieurs fois dans la semaine peut être plus facile à intégrer qu'une longue séance que l'on repousse sans cesse. L'objectif est de créer progressivement un réflexe différent : lorsque du temps devient disponible, ne pas se tourner systématiquement vers un écran, mais savoir que l'on peut aussi prendre un crayon, jouer quelques morceaux, travailler une matière, ouvrir un livre d'art ou simplement écouter de la musique sans rien faire d'autre. Avec la régularité, ces moments peuvent trouver naturellement leur place dans le quotidien et devenir des rendez-vous personnels de création, d'attention et de déconnexion.

Artopraxia : moins de temps à regarder les autres faire, davantage de temps pour pratiquer soi-même.

Explorer et progresser

Retrouver une ancienne passion ou découvrir une nouvelle pratique

Reprendre une activité que l'on avait abandonnée

Beaucoup de pratiques artistiques disparaissent progressivement de notre quotidien. Un instrument reste dans son étui, les crayons et les pinceaux sont rangés dans un placard, un appareil photo n'est plus utilisé ou une activité manuelle autrefois appréciée est remplacée par du temps passé devant les écrans. Artopraxia peut être l'occasion de reprendre ces pratiques sans chercher à retrouver immédiatement son ancien niveau. Rejouer quelques morceaux, recommencer à dessiner ou ressortir son matériel constitue déjà une manière concrète de transformer du temps numérique en temps de pratique.

Apprendre quelque chose de nouveau

La déconnexion peut également devenir un temps de découverte. Modelage, sculpture, aquarelle, collage, gravure, photographie, couture, travail du papier, du bois ou initiation à un instrument : apprendre une nouvelle pratique mobilise la curiosité, l'observation et la persévérance. L'objectif n'est pas d'accumuler les activités, mais d'expérimenter suffisamment pour découvrir celles auxquelles on aura réellement envie de consacrer du temps.

Les outils numériques peuvent d'ailleurs conserver une place utile dans cet apprentissage. Une vidéo peut montrer une technique, un site peut expliquer un procédé et une application peut aider à apprendre la musique. Artopraxia ne demande pas de supprimer ces ressources : elle propose de distinguer le temps consacré à apprendre sur un écran du temps consacré à pratiquer réellement. Regarder pendant une heure des vidéos de peinture n'est pas la même expérience que prendre un pinceau et peindre pendant une heure.

Cette distinction est au cœur de la démarche : utiliser le numérique lorsqu'il apporte quelque chose, puis savoir le quitter pour passer à l'action. Au fil du temps, une simple activité de déconnexion peut devenir un véritable centre d'intérêt, développer un savoir-faire et donner naissance à des projets personnels. L'objectif initial reste pourtant très simple : retrouver régulièrement le plaisir d'apprendre, de manipuler, d'expérimenter et de faire par soi-même.

Une démarche issue de la pratique

Pratiquer soi-même pour mieux comprendre la déconnexion

Artopraxia est aussi le résultat de ma propre expérience. Parallèlement à mon activité professionnelle dans les risques numériques et le facteur humain, je pratique le piano, la peinture, la sculpture et différentes activités manuelles. Ces pratiques m'ont conduit à observer une différence essentielle entre le temps passé à regarder des contenus et celui consacré à faire réellement quelque chose. Jouer d'un instrument, travailler une matière, chercher une forme, apprendre une technique ou simplement recommencer après un essai insatisfaisant mobilise l'attention d'une manière très différente. C'est cette expérience concrète que je souhaite transmettre avec Artopraxia : ne pas seulement conseiller de réduire les écrans, mais donner envie de retrouver des pratiques capables de prendre naturellement leur place.

Alain Stevens

Consultant en risques numériques et facteur humain • Musicien et praticien des arts plastiques • Fondateur d'Artopraxia

La pratique au cœur d'Artopraxia

Moins regarder faire. Davantage faire soi-même.

Jouer.
Dessiner.
Peindre.
Fabriquer.
Observer et écouter.
Recommencer.

Artopraxia invite à redonner une place aux expériences qui mobilisent réellement notre attention. Il ne s'agit pas de devenir artiste, de produire davantage ou de transformer chaque activité en projet. Il s'agit simplement de retrouver le plaisir de pratiquer, d'apprendre, de manipuler, de contempler et de consacrer du temps à quelque chose que l'on a choisi. Quelques minutes peuvent suffire pour commencer et, progressivement, donner une autre destination au temps libéré des écrans.

Éteindre l'écran n'est que le début. Artopraxia commence lorsque l'on choisit ce que l'on va faire du temps retrouvé.